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Lundi 23 août 2004
 [Rock Sound] Corey Taylor !  
Corey Taylor (Slipknot #8) a été démasqué ! Voici l'article paru dans le rock sound !
 
Voici un article legendaire de corey taylor lors de la sortie d'Iowa kan il a ete demaqué ! Merci à Hunk pour cette interview (encore ). Rock Sound: Cette tournée, c’est la plus grande que vous aurez jamais faite, non ? Corey Taylor (Slipknot #8): En Europe, en tout cas, oui, je pense. Ceux qui nous ont vu en mai dernier vont se prendre une sacrée calotte avec ces deux shows au Zénith (l’interview a lieu avant leur shows parisiens). RS: Il y a des endroits où vous n’avez encore jamais joué et qui vous font rêver ? CT: L’Amérique du Sud. On a pas encore eu la chance de s’y produire. Pareil pour la Russie. Jouer en Egypte, entre les pyramides. Ca, ça me ferait vraiment tripper. En fait, n’importe quel endroit où les gens veulent nous voir ! ! C’est dans ces endroits là que je veux jouer. Tant que les gens viennent et s’éclatent, tu sais, après, ça m’importe peu de savoir où ! RS: Récemment, je lisais une interview de Kerry King dans laquelle il disait que jouer derrière un groupe comme Pantera ou Slipknot est un réel challenge, car aucun de ces groupes n’est près à faire de cadeau. C’est un compliment ? Complètement. Tu sais, j’ai grandi en écoutant « South Of Heaven » ou « Reign In Blood ». Faire des concerts avec ce groupe, de s’esntendre dire de pareilles choses, et de les voir imprimées dans un magazine, c’est un putain de compliment. Que ces gens deviennent tes pairs, qu’ils apprécient et comprennent ce que tu fais, c’est une des choses qui se rapprochent le plus du bonheur absolu. Pour moi en tout cas. RS: Selon toi, à part votre puissance scénique, qu’est-ce qui motive de pareils compliments de la part de Slayer, un groupe qui n’est pas réputé pour donner ses points ? CT: Je pense que c’est le fait que nous ne fassions strictement aucune concession. On pense toutes les choses que l’on dit, et on les assume. On en a vu de toutes les couleurs pour en arriver là, et on ne se sent responsable que de nous-mêmes. Et les gens à qui ça pose problème peuvent bien aller se faire voir. C’est aussi pour cela que, de notre côté, on aime des groupes comme Slayer… ou Amen. Ces groupes et nous, on s’apprécie pour des raisons musicales évidemment, mais aussi pour nos qualités humaines. On aime s’amuser, on sait foutre le bordel. C’est aussi simple que ça. C’est comme Scott Lan et Charlie Benante de Anthrax. Un groupe que j’adorais. Quand on s’est retrouvé à jouer avec eux, c’était d’ailleurs le jour de mon anniversaire, j’étais comme un fou. Quand maintenant, je me retrouve avec eux pour faire la fête, il m’arrive encore de ne pas y croire. C’est une sorte de retour à l’unité à laquelle je croyais appartenir quand je les écoutais ! ! Tu me parle de compétition si tu en as envie. Il arrive qu’il y ait de la compétition entre les groupes. Mais avec certains groupes, il y a un sentiment d’unité qui nous unit et ça, c’est indestructible. Je connais mes ennemis, je connais leurs faiblesses. RS: Tu es bien placé pour parler de ça. Votre notoriété a atteint celle de groupes comme Korn, Metallica ou Slayer en moins de deux ans ! CT: Ca, c’est dingue. Mais on s’est quand même putain de bougé le cul ! On a joué partout et non-stop. On a joué sans être payés, on a parfois payé pour jouer. Si en tant que groupe, tu ne fais pas absolument tout ce qui est en ton pouvoir pour que les gens te voient, oublie. Comment veux-tu que j’aie du respect pour certains groupes qui sortent de nulle part et qui cartonnent à la radio du jour au lendemain ? Les gamins sont enthousiastes et d’un seul coup, ils se retrouvent devant un concert dudit groupe et là, déception. Nous, on ne passent pas à la radio mais alors aux concerts, les fans ne sont jamais déçus. C’est pour cette raison que je ne nous range pas dans la même catégorie que tous ces soi-disant groupes de métal. Je ne dis pas qu’ils ne croient pas en ce qu’ils chantent, mais pour la plupart d’entre eux, le succès arrive comme tout cuit… et il repart aussi vite. RS: Vous avez certaines dates prévues avec Ozzy. Il y a une anecdote célèbre entre Ozzy et Des Moines quand, en 1983… CT: … il a mordu la tête d’une chauve-souris, oui, c’est une histoire connue. Je n’y était pas évidemment, j’étais encore trop jeune. Je devais avoir 10 ou 11 ans. C’est le moment de gloire de Des Moines ! Ce qui est drôle, c’est qu’après cela, il a été interdit de concert pendant 10 ans à Des Moines. Mais à chaque nouvelle tournée, il essayait quand même d’organiser un show ici. Ce qui fait qu’à chaque fois, la population locale s’excitait en pensant « Ca y est, il va revenir ! » . Mais il annulait à chaque fois, au dernier moment, prétextant une jambe cassée ou une mauvaise grippe. Et moi, à chaque fois, je le disais, « Vous allez voir, il ne viendra pas ! ! ». Son premier show à Des Moines en presque 20 ans s’est fait il y a 3 semaines de cela. Un concert fantastique. RS: C’est rigolo, Corey. Tu as l’air de quelqu’un de sympa, de plutôt abordable et de pas malheureux. Que se passe-t-il quand tu mets ton masque avant un concert de Slipknot ? Qu’est-ce qu’au fond de toi, tu attend d’un show du groupe ? CT: Quand je mets ce masque, ça s’apparente à une métamorphose totale. En le mettant, c’est comme si je levais le veto sur toutes les choses qui sont à l’intérieur de moi, pour les laisser sortir, pour devenir fou. C’est très libérateur. En même temps, tu n’as plus aucun contrôle sur ce que tu fais. Du coup, c’est un peu effrayant aussi. Quand je monte sur scène, c’est la liberté absolue. Ca rend plein de gens assez nerveux. Je me sens autant en liberté que chez moi. Quand tu ressors de scène, tu repenses aux choses que tu as faites, et tu n’arrives pas même à y croire… RS: C’est de la schizophrénie. CT: Presque. C’est en fait le chaos de ta multi-personnalité. Tu te demandes à laquelle te fier, car chacune d’entre elles à sa propre logique, sa propre façon de penser. Peut-être faut-il se fier à celle qui fait ton quotidien, mais comment savoir ? Quand tu montes sur scène en tous cas, tu lâches tout ce qu’il peut y avoir de pire de chacune de tes personnalités. RS: La musique de Slipknot est-elle un moyen d’essayer de casser tout ce qui peut s’apparenter à une barrière morale ? CT: Quelque part oui. Tous les textes que j’écris sont liés à mes problèmes personnels, aux choses que j’ai eu à affronter. C’est négatif, je le reconnais, mais c’est aussi plein d’espoir. J’ai eu une des enfances les pires que tu puisses imaginer. A cause de cela, je ne peux pas me sentir complètement normal. Si notre musique peut prouver que l’on peut passer outre cela, c’est le premier signe que peuvent comprendre tous les kids. Je crois que c’est ce qu’il y a de plus important à comprendre dans le message de Slipknot. Je crois que l’on essaye de lever la pression des plus vieilles générations sur les plus jeunes. (il prend une voix de petit vieux). « Tu peux pas faire ci, et gnagnagni, tu peux pas faire ça, et gnagnagna ». Ils posent leurs propres règles. Moi, je dis aux kids : « Vivez votre vie et n’ayez pas peur de vivre votre vie ». Beaucoup de kids traversent des trucs durs au point d’essayer de se suicider. Je sais ce qu’il en est, j’ai moi-même essayé de mettre fin à mes jours un grand nombre de fois. Le pire est de ressentir que personne ne peut te comprendre, que personne n’en a rien à foutre. Mon message, c’est : « Moi, j’en ai quelque chose à foutre, je comprends ». RS: Tu as peur de ta propre mort ? Votre musique est si violente que l’on croirait que vous avez besoin de vous prouver que vous êtes en vie. CT: J’ai une théorie bizarre là-dessus : tout ce dont je te parle est lié à des traumas liés à l’adolescence. Toutes les dépressions nerveuses du monde sont liées à des échecs durant l’adolescence ou l’enfance. Quand tu contrôles ta propre vie, tu te fous de la mort, et tu es persuadé que tu sauras faire tout ce que tu veux faire avant d’y passer. En fait, il s’agit juste d’être heureux de ce que tu fais. Comme je te le disais, j’ai une théorie là-dessus. Je crois n’en avoir jamais parlé avant à aucun magazine. Ca a quelque chose à voir avec la mort des personnes célèbres. Jim Morrisson est né le 8 décembre 1943. Sam Kenison est né le 8 décembre 1953. Le 8 décembre 1963, Frank Sinatra Jr s’est fait enlevé et a failli être tué. Le 8 décembre 1973 : naissance de Corey Taylor (rires). Le 8 décembre 1980, mort de John Lennon. Le 8 décembre 1984 : accident de voiture de Vince Neil qui tue un membre de Hanoï Rocks. Greg Allman est également né un 8 décembre. Enfin, tout cela pour te dire que je suis un peu superstitieux, et que je m’en remets à cette théorie pour ne pas m’inquiéter par rapport à ma mort. Je fais ce que j’ai à faire dans le groupe pour le moment et je sais que, tôt ou tard, ça arrivera. RS: Au-delà de l’agressivité et du caractère quasi expiatoire de votre musique, reste-t-il de la place pour l’humour et le second degré dans Slipknot ? CT: Ah oui, carrément. Si tu passes du temps avec nous, tu te rendrais compte que nous sommes parmi les gens les plus drôles de la Terre ! ! On passe notre temps à se foutre de nous les uns les autres… C’est vrai que ce n’est pas une chose que tu entend dans la musique. Mais je pense que le troisième album montrera cette face de Slipknot. (silence) Oui, j’ai vraiment l’impression qu’il nous faudra montrer cela très bientôt. RS: Etre neuf dans un groupe, ça implique nécessairement des conflits, non ? CT: Ouais. On est comme une famille, alors ça implique des moments forts, des engueulades, des bastons… des bons et des mauvais moments. Mais à la fin de la journée, tu es toujours une famille, qui aspire à la même chose. Le problème engendre aussi la discussion ; on sait se montrer intelligent et matures les uns envers les autres. RS: Slipknot a signé pour 7 albums chez Roadrunner. Comment envisages-tu la longévité du groupe ? CT: Il faut réaliser que dans ces trois disques, il peut y avoir deux live et un best of. Le contrat ne nous l’interdit pas. Je nous vois peut-être faire deux albums de plus et puis après, de foutre le camp. Ce groupe est trop extrême. Et j’ai l’intime conviction que si l’on joue à le faire durer, il nous perdra tous. On sera tous potes, mais une fois que l’on ne prendra plus le plaisir que l’on y prend aujourd’hui, ce sera le moment de dire « bye bye ». Peu importe ce foutu contrat. On verra. RS: Le prochain disque restera dans le crescendo de violence initié depuis le début ? CT: Non, je pense que pour ce qui est du côté heavy, on en a déjà fait beaucoup. Il est temps de passer à quelque chose de nouveau, d’amener des mélodies. Nous n’avons pas encore écrit la meilleure chanson de Slipknot. On aimerait qu’à un moment, elle s’adresse à un public plus large. Dire « il faut que ça reste dur pour que ça reste vrai », je pense que c’est de la connerie, de l’immaturité. Je pense que nous avons une chanson en nous qui mettra tout le monde d’accord. Nous y arrivons. Le prochain album sera énorme, et il montrera à tout le monde ce dont nous sommes capables. RS: "People=shit", votre cri de rassemblement, pourrait vous rapprocher de certains groupes sataniques. Pas dans le sens de croquer des poules crues, mais dans le sens où ces groupes résument la dualité Dieu/Satan comme quelque chose d’invisible et qui englobe le monde. CT: Je ne suis pas sûr de pouvoir te répondre. On n’est pas dans ce délire. Nos masques démystifient ces symboles. On montre surtout les mauvais côtés du music-business. Je peux te dire que beaucoup de gens ont eu peur de nous voir débouler à la troisième place des charts américains, car c’était forcément représentatif de quelque chose qui leur échappait. C’est nous, contre la merde. Le diable, c’est des groupes comme N’Sync ou Backstreet Boys. Pour moi, un groupe, ce sont des mecs qui se réunissent pour créer de la musique. Ces putains de N’Sync chantent en play-back afin de s’économiser pour faire leurs chorégraphies merdiques. Je ne comprends pas. C’est contre cela qu’existe Slipknot. Ce n’est ni une question de politique, ni une question de religion. Je suis assez fier à l’idée de penser que nous ne vendrons jamais notre âme à ce putain de record-business. Je sais que ma musique leur appartient, mais moi au moins, je peux dormir le soir sur mes deux oreilles. Pas eux. Les kids sont avec nous. RS: Tu es encore attaché à Des Moines ? CT: Bien sûr. Tu sais, j’ai 28 berges. Ce n’est pas un mauvais endroit pour vivre une vie d’adulte. Grandir ici, c’est chaud, mais ça n’a pas les inconvénients qu’ont les villes du music-business comme Los Angeles ou New-York. Des villes où j’aime me promener, mais où je n’envisage pas une seule seconde pouvoir habiter. RS: Ross Robinson peut-il être toujours considéré comme le dixième membre de Slipknot ? CT: Il te fait aller le plus loin possible. De toi, il exige la meilleure performance possible. C’est pourquoi il est si bon. Avant d’enregistrer, il va vraiment essayer de te faire parler des pires choses que tu as vécues pour les faire ressortir. Quand on enregistrait « Iowa », il était dans la cabine à me hurler « Vas-y, go ! ! Lâche tout ! ! ». Un truc de cinglé. Avoir quelqu’un comme lui derrière toi quand tu crées de la musique, ça te pousse à donner le meilleur de toi-même. Le moindre de tes soucis est bon à prendre pour le réinjecter dans la réalité de ta musique. RS: Selon toi, à quoi aspire-t-il en tant que producteur ? Il y a une espèce de lien invisible entre tout les disques qu’il produit… CT: Il est fan de sons très bruts. Il adore ça. Tu n’as qu’à écouter un disque de Amen pour t’en rendre compte. C’est aussi la raison pour laquelle on retravaillera sûrement avec lui pour le prochain album. Comme nous, il vient d’une toute petite ville, et je crois que l’on partage cette mentalité, cette colère.  
 
  Ecris par fuck_fury   Le 21 Juillet 2004 - 13h45
Par dark shadow - Publié dans : darkness04
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