Voici un article legendaire de corey taylor lors de la sortie d'Iowa kan il a ete demaqué ! Merci à Hunk pour cette interview (encore ). Rock Sound: Cette tournée, cest la plus grande que vous aurez jamais faite, non ? Corey Taylor (Slipknot #8): En Europe, en tout cas, oui, je pense. Ceux qui nous ont vu en mai dernier vont se prendre une sacrée calotte avec ces deux shows au Zénith (linterview a lieu avant leur shows parisiens). RS: Il y a des endroits où vous navez encore jamais joué et qui vous font rêver ? CT: LAmérique du Sud. On a pas encore eu la chance de sy produire. Pareil pour la Russie. Jouer en Egypte, entre les pyramides. Ca, ça me ferait vraiment tripper. En fait, nimporte quel endroit où les gens veulent nous voir ! ! Cest dans ces endroits là que je veux jouer. Tant que les gens viennent et séclatent, tu sais, après, ça mimporte peu de savoir où ! RS: Récemment, je lisais une interview de Kerry King dans laquelle il disait que jouer derrière un groupe comme Pantera ou Slipknot est un réel challenge, car aucun de ces groupes nest près à faire de cadeau. Cest un compliment ? Complètement. Tu sais, jai grandi en écoutant « South Of Heaven » ou « Reign In Blood ». Faire des concerts avec ce groupe, de sesntendre dire de pareilles choses, et de les voir imprimées dans un magazine, cest un putain de compliment. Que ces gens deviennent tes pairs, quils apprécient et comprennent ce que tu fais, cest une des choses qui se rapprochent le plus du bonheur absolu. Pour moi en tout cas. RS: Selon toi, à part votre puissance scénique, quest-ce qui motive de pareils compliments de la part de Slayer, un groupe qui nest pas réputé pour donner ses points ? CT: Je pense que cest le fait que nous ne fassions strictement aucune concession. On pense toutes les choses que lon dit, et on les assume. On en a vu de toutes les couleurs pour en arriver là, et on ne se sent responsable que de nous-mêmes. Et les gens à qui ça pose problème peuvent bien aller se faire voir. Cest aussi pour cela que, de notre côté, on aime des groupes comme Slayer
ou Amen. Ces groupes et nous, on sapprécie pour des raisons musicales évidemment, mais aussi pour nos qualités humaines. On aime samuser, on sait foutre le bordel. Cest aussi simple que ça. Cest comme Scott Lan et Charlie Benante de Anthrax. Un groupe que jadorais. Quand on sest retrouvé à jouer avec eux, cétait dailleurs le jour de mon anniversaire, jétais comme un fou. Quand maintenant, je me retrouve avec eux pour faire la fête, il marrive encore de ne pas y croire. Cest une sorte de retour à lunité à laquelle je croyais appartenir quand je les écoutais ! ! Tu me parle de compétition si tu en as envie. Il arrive quil y ait de la compétition entre les groupes. Mais avec certains groupes, il y a un sentiment dunité qui nous unit et ça, cest indestructible. Je connais mes ennemis, je connais leurs faiblesses. RS: Tu es bien placé pour parler de ça. Votre notoriété a atteint celle de groupes comme Korn, Metallica ou Slayer en moins de deux ans ! CT: Ca, cest dingue. Mais on sest quand même putain de bougé le cul ! On a joué partout et non-stop. On a joué sans être payés, on a parfois payé pour jouer. Si en tant que groupe, tu ne fais pas absolument tout ce qui est en ton pouvoir pour que les gens te voient, oublie. Comment veux-tu que jaie du respect pour certains groupes qui sortent de nulle part et qui cartonnent à la radio du jour au lendemain ? Les gamins sont enthousiastes et dun seul coup, ils se retrouvent devant un concert dudit groupe et là, déception. Nous, on ne passent pas à la radio mais alors aux concerts, les fans ne sont jamais déçus. Cest pour cette raison que je ne nous range pas dans la même catégorie que tous ces soi-disant groupes de métal. Je ne dis pas quils ne croient pas en ce quils chantent, mais pour la plupart dentre eux, le succès arrive comme tout cuit
et il repart aussi vite. RS: Vous avez certaines dates prévues avec Ozzy. Il y a une anecdote célèbre entre Ozzy et Des Moines quand, en 1983
CT:
il a mordu la tête dune chauve-souris, oui, cest une histoire connue. Je ny était pas évidemment, jétais encore trop jeune. Je devais avoir 10 ou 11 ans. Cest le moment de gloire de Des Moines ! Ce qui est drôle, cest quaprès cela, il a été interdit de concert pendant 10 ans à Des Moines. Mais à chaque nouvelle tournée, il essayait quand même dorganiser un show ici. Ce qui fait quà chaque fois, la population locale sexcitait en pensant « Ca y est, il va revenir ! » . Mais il annulait à chaque fois, au dernier moment, prétextant une jambe cassée ou une mauvaise grippe. Et moi, à chaque fois, je le disais, « Vous allez voir, il ne viendra pas ! ! ». Son premier show à Des Moines en presque 20 ans sest fait il y a 3 semaines de cela. Un concert fantastique. RS: Cest rigolo, Corey. Tu as lair de quelquun de sympa, de plutôt abordable et de pas malheureux. Que se passe-t-il quand tu mets ton masque avant un concert de Slipknot ? Quest-ce quau fond de toi, tu attend dun show du groupe ? CT: Quand je mets ce masque, ça sapparente à une métamorphose totale. En le mettant, cest comme si je levais le veto sur toutes les choses qui sont à lintérieur de moi, pour les laisser sortir, pour devenir fou. Cest très libérateur. En même temps, tu nas plus aucun contrôle sur ce que tu fais. Du coup, cest un peu effrayant aussi. Quand je monte sur scène, cest la liberté absolue. Ca rend plein de gens assez nerveux. Je me sens autant en liberté que chez moi. Quand tu ressors de scène, tu repenses aux choses que tu as faites, et tu narrives pas même à y croire
RS: Cest de la schizophrénie. CT: Presque. Cest en fait le chaos de ta multi-personnalité. Tu te demandes à laquelle te fier, car chacune dentre elles à sa propre logique, sa propre façon de penser. Peut-être faut-il se fier à celle qui fait ton quotidien, mais comment savoir ? Quand tu montes sur scène en tous cas, tu lâches tout ce quil peut y avoir de pire de chacune de tes personnalités. RS: La musique de Slipknot est-elle un moyen dessayer de casser tout ce qui peut sapparenter à une barrière morale ? CT: Quelque part oui. Tous les textes que jécris sont liés à mes problèmes personnels, aux choses que jai eu à affronter. Cest négatif, je le reconnais, mais cest aussi plein despoir. Jai eu une des enfances les pires que tu puisses imaginer. A cause de cela, je ne peux pas me sentir complètement normal. Si notre musique peut prouver que lon peut passer outre cela, cest le premier signe que peuvent comprendre tous les kids. Je crois que cest ce quil y a de plus important à comprendre dans le message de Slipknot. Je crois que lon essaye de lever la pression des plus vieilles générations sur les plus jeunes. (il prend une voix de petit vieux). « Tu peux pas faire ci, et gnagnagni, tu peux pas faire ça, et gnagnagna ». Ils posent leurs propres règles. Moi, je dis aux kids : « Vivez votre vie et nayez pas peur de vivre votre vie ». Beaucoup de kids traversent des trucs durs au point dessayer de se suicider. Je sais ce quil en est, jai moi-même essayé de mettre fin à mes jours un grand nombre de fois. Le pire est de ressentir que personne ne peut te comprendre, que personne nen a rien à foutre. Mon message, cest : « Moi, jen ai quelque chose à foutre, je comprends ». RS: Tu as peur de ta propre mort ? Votre musique est si violente que lon croirait que vous avez besoin de vous prouver que vous êtes en vie. CT: Jai une théorie bizarre là-dessus : tout ce dont je te parle est lié à des traumas liés à ladolescence. Toutes les dépressions nerveuses du monde sont liées à des échecs durant ladolescence ou lenfance. Quand tu contrôles ta propre vie, tu te fous de la mort, et tu es persuadé que tu sauras faire tout ce que tu veux faire avant dy passer. En fait, il sagit juste dêtre heureux de ce que tu fais. Comme je te le disais, jai une théorie là-dessus. Je crois nen avoir jamais parlé avant à aucun magazine. Ca a quelque chose à voir avec la mort des personnes célèbres. Jim Morrisson est né le 8 décembre 1943. Sam Kenison est né le 8 décembre 1953. Le 8 décembre 1963, Frank Sinatra Jr sest fait enlevé et a failli être tué. Le 8 décembre 1973 : naissance de Corey Taylor (rires). Le 8 décembre 1980, mort de John Lennon. Le 8 décembre 1984 : accident de voiture de Vince Neil qui tue un membre de Hanoï Rocks. Greg Allman est également né un 8 décembre. Enfin, tout cela pour te dire que je suis un peu superstitieux, et que je men remets à cette théorie pour ne pas minquiéter par rapport à ma mort. Je fais ce que jai à faire dans le groupe pour le moment et je sais que, tôt ou tard, ça arrivera. RS: Au-delà de lagressivité et du caractère quasi expiatoire de votre musique, reste-t-il de la place pour lhumour et le second degré dans Slipknot ? CT: Ah oui, carrément. Si tu passes du temps avec nous, tu te rendrais compte que nous sommes parmi les gens les plus drôles de la Terre ! ! On passe notre temps à se foutre de nous les uns les autres
Cest vrai que ce nest pas une chose que tu entend dans la musique. Mais je pense que le troisième album montrera cette face de Slipknot. (silence) Oui, jai vraiment limpression quil nous faudra montrer cela très bientôt. RS: Etre neuf dans un groupe, ça implique nécessairement des conflits, non ? CT: Ouais. On est comme une famille, alors ça implique des moments forts, des engueulades, des bastons
des bons et des mauvais moments. Mais à la fin de la journée, tu es toujours une famille, qui aspire à la même chose. Le problème engendre aussi la discussion ; on sait se montrer intelligent et matures les uns envers les autres. RS: Slipknot a signé pour 7 albums chez Roadrunner. Comment envisages-tu la longévité du groupe ? CT: Il faut réaliser que dans ces trois disques, il peut y avoir deux live et un best of. Le contrat ne nous linterdit pas. Je nous vois peut-être faire deux albums de plus et puis après, de foutre le camp. Ce groupe est trop extrême. Et jai lintime conviction que si lon joue à le faire durer, il nous perdra tous. On sera tous potes, mais une fois que lon ne prendra plus le plaisir que lon y prend aujourdhui, ce sera le moment de dire « bye bye ». Peu importe ce foutu contrat. On verra. RS: Le prochain disque restera dans le crescendo de violence initié depuis le début ? CT: Non, je pense que pour ce qui est du côté heavy, on en a déjà fait beaucoup. Il est temps de passer à quelque chose de nouveau, damener des mélodies. Nous navons pas encore écrit la meilleure chanson de Slipknot. On aimerait quà un moment, elle sadresse à un public plus large. Dire « il faut que ça reste dur pour que ça reste vrai », je pense que cest de la connerie, de limmaturité. Je pense que nous avons une chanson en nous qui mettra tout le monde daccord. Nous y arrivons. Le prochain album sera énorme, et il montrera à tout le monde ce dont nous sommes capables. RS: "People=shit", votre cri de rassemblement, pourrait vous rapprocher de certains groupes sataniques. Pas dans le sens de croquer des poules crues, mais dans le sens où ces groupes résument la dualité Dieu/Satan comme quelque chose dinvisible et qui englobe le monde. CT: Je ne suis pas sûr de pouvoir te répondre. On nest pas dans ce délire. Nos masques démystifient ces symboles. On montre surtout les mauvais côtés du music-business. Je peux te dire que beaucoup de gens ont eu peur de nous voir débouler à la troisième place des charts américains, car cétait forcément représentatif de quelque chose qui leur échappait. Cest nous, contre la merde. Le diable, cest des groupes comme NSync ou Backstreet Boys. Pour moi, un groupe, ce sont des mecs qui se réunissent pour créer de la musique. Ces putains de NSync chantent en play-back afin de séconomiser pour faire leurs chorégraphies merdiques. Je ne comprends pas. Cest contre cela quexiste Slipknot. Ce nest ni une question de politique, ni une question de religion. Je suis assez fier à lidée de penser que nous ne vendrons jamais notre âme à ce putain de record-business. Je sais que ma musique leur appartient, mais moi au moins, je peux dormir le soir sur mes deux oreilles. Pas eux. Les kids sont avec nous. RS: Tu es encore attaché à Des Moines ? CT: Bien sûr. Tu sais, jai 28 berges. Ce nest pas un mauvais endroit pour vivre une vie dadulte. Grandir ici, cest chaud, mais ça na pas les inconvénients quont les villes du music-business comme Los Angeles ou New-York. Des villes où jaime me promener, mais où je nenvisage pas une seule seconde pouvoir habiter. RS: Ross Robinson peut-il être toujours considéré comme le dixième membre de Slipknot ? CT: Il te fait aller le plus loin possible. De toi, il exige la meilleure performance possible. Cest pourquoi il est si bon. Avant denregistrer, il va vraiment essayer de te faire parler des pires choses que tu as vécues pour les faire ressortir. Quand on enregistrait « Iowa », il était dans la cabine à me hurler « Vas-y, go ! ! Lâche tout ! ! ». Un truc de cinglé. Avoir quelquun comme lui derrière toi quand tu crées de la musique, ça te pousse à donner le meilleur de toi-même. Le moindre de tes soucis est bon à prendre pour le réinjecter dans la réalité de ta musique. RS: Selon toi, à quoi aspire-t-il en tant que producteur ? Il y a une espèce de lien invisible entre tout les disques quil produit
CT: Il est fan de sons très bruts. Il adore ça. Tu nas quà écouter un disque de Amen pour ten rendre compte. Cest aussi la raison pour laquelle on retravaillera sûrement avec lui pour le prochain album. Comme nous, il vient dune toute petite ville, et je crois que lon partage cette mentalité, cette colère. |
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